Guide de la parfumerie #4 - Le parfum au naturel

le parfum au naturel


A l'origine, le problème était évité, éludé voir effacé puis, un beau matin, le monde s'est réveillé. L'opinion publique s'est intéressée aux grands maux tel que la pollution des écosystèmes ou encore la surexploitation des ressources naturelles. On a pris conscience du sabotage de notre belle planète et de ce constat est né un mouvement louable : consommer mieux et surtout plus intelligemment. Encore à l'état balbutiant, ce mouvement est trop souvent perçu comme une mode où le bio/naturel est, au mieux, un argument marketing et, au pire un écran de fumée. Les américains ont même des termes pour cela : le greenwashing ou encore le green is green ( le vert c'est de l'argent, ndlr ).
Nous nous intéresseront à l'argument du naturel et du bio dans le secteur de la parfumerie. A tort ou à raison ?

Au détours d'un rayonnage de flacon de parfums, vous les avez déjà certainement croisés, ces nouveaux labels. On parlera de nouveau car il y a vingt ans, la plupart étaient tout bonnement inexistants. On en dénombre aujourd'hui plusieurs dizaines et il est souvent difficile de s'y retrouver dans les arguments de chacun. Mais n'ayez crainte, nous allons traiter avec vous certaines des affirmations des labels verts appliqués à la parfumerie.
Label vert cosmétiques
- Le nombre d'éléments qui entrent dans la composition d'un parfum sont réduits. On retrouve le concentré qui est un mélange odorant de matières premières naturelles et synthétiques, l'eau, l'alcool et les divers additifs comme les  antioxydants, les quelatants et autres filtres solaires. Les quantités de chaque élément varient alors d'une formule à l'autre. Cependant, dans la plupart des cas, on retrouve plus de 80% d'alcool et d'eau. Il suffit alors d'utiliser un alcool naturel et/ou bio dans un parfum pour considérer la formule globale naturel et bio à plus de 80%.

- Le label Vegan est un label qui prône l'absence totale de matière première d'origine animale dans le parfum. Il est bon de rappeler qu'il ne reste, dans la parfumerie européenne, qu'une infime quantité de ces matières premières car la plupart des maisons de créations, en prédiction de futurs limitations, ont tout bonnement interdit leur emploi. Rajoutez à cela que le peu de matières premières d'origine animal encore utilisées sont des matières premières qui n'exploitent pas ni ne mettent en danger les espèces, comme l'ambre gris ou la cire d'abeille. Par conséquent la quasi totalité des parfums sur le marché européen pourraient arborer le label vegan.

- Le label cruelty free envers les animaux est un label qui assure qu'aucun animal n'a été utilisé et/ou maltraiter durant l'élaboration du parfum. Rappelons que les tests cosmétiques sur les animaux sont interdits en Europe depuis 2004 et que les parfums ne sont jamais testés sur des animaux mais sur des panels de personnes volontaires. Le label cruelty free pourrait alors être apposé sur chaque flacon issus du marché européen.

- Il existe une différence notable entre les labels dits « d'origine naturelle » et « naturel ». Une matière première est dite naturelle lorsqu'elle est obtenue par « extraction mécanique » comme la distillation ou encore l'extraction à froid et n'a donc subi aucune transformation dite « chimique ». Tandis qu'une matière première est d'origine naturelle lorsque la chimie intervient. Elle peut très bien par exemple, passer par des bains de solvant pour en extraire les composant chimiques ciblés. Plus généralement il n’existe pas de définition officielle du « naturel », ni de législation régissant ce terme. Faites donc attention aux tournures de phrases tel que « aux extraits de plante naturelle » et autres termes parfois trompeurs.

- Enfin, vérifiez bien les conditions des labels Bios apposés sur les produits. Certains seront plus légitimes que d'autres. Prenez en compte les seuils minimum d’ingrédients naturels ( au minimum 95%) ou encore l’utilisation d’ingrédients issus de ressources renouvelables et transformés par des procédés respectueux de l’environnement.

En conclusion, les labels verts sont un premier pas nécessaire afin de consommer plus intelligemment. Ils ont fait leurs preuves dans bien des domaines comme l'agro-alimentaire ou le textile. Il faut cependant éviter les non-sens ou les excès et il reste encore beaucoup de chemin pour la parfumerie. Et même s'il est bon de labelliser afin de mieux comprendre et de pointer du doigt les travers et les abus, cela nous écarte parfois d'une autre vérité. Dans le prochain article nous verrons ensemble pourquoi la chimie est souvent indispensable à la parfumerie moderne et pourquoi il est parfois nécessaire de faire appel aux produits de synthèses. Alors oui aux labels et non aux truismes.


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